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mardi 16 octobre 2018

NAO 2019 / SUPPRESSION DES COTISATIONS SOCIALES AU 1ER OCTOBRE 2018


Vous aimez les tours de passe-passe ? Ça tombe bien, votre feuille de paie en est un !

Le gouvernement annonce une augmentation du pouvoir d’achat des salariés du privé en supprimant, à partir du 1er octobre, les cotisations assurance chômage et pour partie celles de l’assurance maladie via un nouveau prélèvement de CSG.

Il ne s’agit en rien d’une augmentation des salaires, décryptage :
  • Augmenter le « net à payer» en supprimant les cotisations sociales, revient à abaisser les droits à la santé, provoque un manque de financements des caisses de Sécurité sociale, génère mécaniquement leur déséquilibre financier, afin, le jour venu, de les remettre en cause à la vue de leur situation financière déséquilibrée.

  •  Augmenter le « net à payer » en supprimant les cotisations sociales, c’est donner le prétexte pour les employeurs de ne pas augmenter les salaires.

Certes, une augmentation du salaire net de 19 € par mois va apparaître au niveau du SMIC. Ces quelques euros accordés sur le salaire net sont vite repris, notamment dans les dépenses de santé, à travers les baisses de remboursement de médicaments, les augmentations de cotisations dans les mutuelles ou les complémentaires santé… 
Deux choix politiques s’affrontent :
  • Celui qui ne souhaite rémunérer que le travail et rien d’autre. Dans ce système-là, le salarié doit se payer des assurances privées (lorsqu’il en a les moyens) pour sa santé, celle de ses enfants, le Chômage, la parentalité, la vieillesse, la dépendance, la retraite… C’est le système anglo-saxon. Les désastres sociaux que ce système génère sont l’augmentation de la misère, de la précarité, l’appauvrissement général des populations, le développement de travailleurs pauvres et la nécessité de travailler jusqu’à sa mort.

  • Celui qui souhaite que la rémunération du travail intègre des dispositifs de solidarités dans les domaines de la santé, du chômage, de la famille, des retraites... C’est notre modèle social mis en place, en France, au sortir de la seconde guerre mondiale. Ce système contraint l’employeur à participer au financement de la protection sociale.
Depuis plusieurs années maintenant, les décisions politiques successives exonèrent le patronat d’une part toujours plus grande de ses contributions obligatoires. Le tour de « passe-passe » du gouvernement est de tenter de nous faire croire que l’augmentation du «bas de la feuille de paie » (net à payer) est une augmentation des salaires, c’est faux et c’est même tout le contraire !



L’augmentation des prix nécessite une vraie mesure : la seule augmentation qui compte, c’est celle du salaire brut ! 
Les choses sont claires : la mesure du gouvernement ne vise pas à augmenter les salaires, mais à abaisser globalement le niveau de protection sociale, à transférer les mécanismes de solidarité vers des systèmes assurantiels privés. 

Alors vous l'avez vu ce tour de passe-passe ? Pour les salaires, agissons dans l'entreprise et ça commence avec les NAO.

NAO 2019

Pas de "mesurette" pour solder 2018.

L'accord NAO 2018 signé par la CFE-CGC et la CFDT ne prévoit pas de clause de "revoyure".

Et maintenant ?

Vous avez pris connaissance de la demande de « réajustement » de la politique salariale 2018 de la CFE-CGC adressé à la Direction du Groupe SAFRAN ?
La réponse est lapidaire, il n’y a pas de clause de « revoyure » dans l’accord NAO signé par la CFDT et le CFE-CGC. La DRH du groupe SAFRAN invite la CFE-CGC a patienter jusqu’à la traditionnelle réunion de bilan des NAO, généralement organisée vers la mi-décembre.

EN L’ABSENCE DE CLAUSE DE « REVOYURE » DANS L’ACCORD NAO 2018, LA CGT CONSIDERE QU’IL EST NECESSAIRE D’ANTICIPER LA POLITIQUE SALARIALE 2019.
Montreuil, le 5 octobre 2018
De :                       CGT Safran         
A :                         M. Jean-Luc Bérard,                         Directeur des Ressources Humaines
Copie :   Mme Cholé DEMULDER   Département Relations Sociales Groupe      
Objet :    Politique salariale
Monsieur le Directeur,
Les derniers niveaux d’inflation constatés aujourd’hui ne permettent pas d’attendre 2019 pour négocier de prochaines mesures salariales.
En l’absence de clauses de revoyure dans les accords 2018, nous considérons qu’il est nécessaire d’anticiper la politique salariale 2019.
Cela nous apparaît possible compte-tenu de l’excellente santé financière du Groupe qui affiche, au premier semestre 2018, une croissance organique du CA de plus de 10% et des résultats en croissance de plus de 20% hors zodiac (et plus de 30% avec Zodiac).
Dans ce contexte, il est inenvisageable pour nous d’attendre la traditionnelle réunion de fin d’année concernant le bilan 2018 et encore moins l’annonce du cadrage 2019 qui suit.
Aussi, nous vous demandons de nous recevoir au plus tôt. Notez que des réunions de négociation avec les coordinateurs sont programmées à partir du 9 octobre à Issy-les-Moulineaux sur le site PLW.
Dans l’attente d’une rencontre très proche sur ce sujet, recevez, Monsieur le Directeur, nos meilleures salutations syndicales.
Les coordinateurs CGT Groupe Safran

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