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mardi 23 janvier 2018

Heure d'information syndicale du Comité Central d'entreprise (CCE)


Bonjour à toutes et à tous,

En premier lieu, la CGT et l’ensemble de ses élu(e)s vous présentent, ainsi qu’à vos familles leurs meilleurs vœux à l’entame de cette nouvelle année.

L’heure d’information, fixée par l’accord d’entreprise de 2002, permet aux organisations syndicales de communiquer au personnel, sur leur temps de travail, leurs analyses respectives de la situation économique, sociale et industrielle de l’Entreprise mais également, leurs appréciations du contexte et de l’actualité nationale ou internationale du moment.

Une fois n’est pas coutume, pour commencer cette prise de parole nous souhaitons rendre un hommage aux élus CGT.

Nous n’allons pas citer nominativement toutes les personnes qui sont élus ou mandatées par la CGT pour vous représenter, mais nous aurons une pensée particulière pour nos élus, partis pour une retraite bien méritée, qui ouvraient activement au sein de notre syndicat sur tous les sujets.

Nous saluons aussi les nouveaux représentants du personnel qui ont été élu lors des dernières élections de Septembre dernier. C’est grâce à leur implication nouvelle que le syndicat CGT de Tarnos s’enrichie, évolue et fait qu’aujourd’hui encore, la CGT Tarnos est la première organisation syndicale de l’établissement.

Concernant le rôle, l’implication et le fonctionnement de notre syndicat, nous aurons l’occasion d’y revenir un peu plus loin dans la prise de parole lorsqu’il s’agira d’aborder le contexte nationale et l’évolution législative qui va impacter énormément dans un avenir très proche le travail des organisations syndicales.

Avant de vous livrer notre analyse de l’année 2017 et des perspectives 2018, nous souhaitons expliquer en préalable qu’il n’est peut-être plus temps comme nous le faisons par le passé de vous détailler autant des chiffres qui changent tous les deux mois.

Tout le monde l’a remarqué, notre direction tant au niveau local qu’en centrale sur les enjeux « société » communique à outrance lorsqu’elle en éprouve le besoin.

Si par le passé, la gestion des stocks de pièces, de modules, de moteurs n’était pas assez optimale et adaptée aux variations cycliques du marché. Nous sommes rentrés depuis quelques années déjà dans une gestion à court terme de nos plans de Production. Cela a des avantages et des inconvenants dans les deux cas.

C’est pourquoi, il n’y a plus de sens à commenter des chiffres qui varient autant de semaines en semaines.

Mais rassurez-vous cette fragilité aux variations du PIC et des aléas de Production tant mise en avant par notre direction n’atteint pas la Performance économique de l’entreprise, bien au contraire !

Elle est organisée, planifié, voulue pour justement augmenter la performance et les résultats financiers.

La réalité de la situation et que nous pouvons aisément partager, est que nous nous sommes très largement adapté depuis 2010 à la baisse des PDP neufs et réparé.

-        Gel des embauches

-        Non remplacement des départs en retraite

-        Fermeture de site

-        Délocalisation d’activité

-        Fusion des CCI, des services

-        Suppression de postes dans le cadre de redéploiement de ressources comme ils disent…

-        Plan d’adaptation sur l’emploi imposé dans les NAO avec des mesures qui visent à déroger au temps de travail en vigueur et nos accords

-        Développement à outrance des leviers capacitaire de types heures supplémentaires, astreintes, travail le samedi Dimanche, sont autant d’attaques à l’équilibre vie privée vie professionnelle.

 Autant dire que ces dernières années notre direction n’est pas resté les bras ballant sans rien faire, sans réagir, tout a été fait et même le pire pour équilibrer les charges de travail avec les capacités et inversement, les moyens et les ressources humaines. Et surtout devrions nous dire sur les leviers « humains » pour maintenir et faire progresser la profitabilité. C’est surement le plus préjudiciable, puisque cela a d’importantes conséquences sur les conditions de travail, la santé des salariés, la qualité du travail.

Même si sur le plan social, cette politique d’adaptation à marche forcée a un prix, nos grands dirigeants peuvent se targuer d’avoir réussi à maintenir et augmenter la Performance lors d’une période où le marché était atone, plat, stagnant.

Nous allons donc brièvement vous faire part de quelques chiffres communiqués lors du dernier CCE ordinaire de Décembre dernier. Mais comme expliqué plus haut, les chiffres auraient déjà évolué en ce début d’année. Bonne nouvelle, cette année ils évolueraient à la hausse.

Un détail qui a son importance en termes de communication, nous avancerons des chiffres pour les PDP en termes de nombre de moteur livré aux clients, nous en produiront en réalité 20 à 30% de plus en équivalent moteur et pièces pour la RD, les plans Noria, les kits, etc… exemple, si on vous dit que nous produisons 700 moteurs neufs, c’est faux :

-        La réalité pour 2017 : 739 moteurs neuf + 235 équivalent moteur hors-série soit 974 équivalents moteurs

-        La prévision pour 2018 : 888 moteurs neuf + 204 équivalent moteur soit 1092 équivalents moteurs

L’explication est importante car ce sont bien les 739 moteurs « vendu » qui pèsent dans le Chiffre d’affaire du neuf, mais en termes d’équilibre charge/capacité, ce sont les 974 équivalents moteurs qu’il faudrait commenter.

 En conséquence le communiqué interne de la Direction du 12 Décembre 2017 qui présente une fois de plus une situation très difficile avec 700 moteurs neuf et un chiffre d’affaire en baisse ne présente pas la réalité de la situation.

Dans ce même communiqué, notre direction ne peut évidemment cacher une augmentation prévue à l’horizon du PMT, plan à moyen terme sur 3 ans d’une augmentation à 40% de part de marché aux environs de 1000 moteurs neuf.

Cette même direction écrit dans son communiqué une augmentation de l’activité industrielle

Pour 2017, 739 moteurs neufs, initiant une reprise du marché (888 en 2018 et 919 en 2019),            un PDP support à 1270 et des prévisions stables sur les prochaines années (1295 en 2018 et 1257 en 2019)

Plutôt que de commenter les variations minimes du chiffre d’affaire, notre direction puisqu’elle se veut pédagogue avec ses salariés, devraient expliquer que les politiques régressives d’adaptation, dont la baisse de la masse salariale, ont largement contribuées à maintenir une Performance de haut niveau.

Le ROC (Résultat Opérationnel Courant) se situant à 205 M€ pour un Chiffre d’affaire aux environ de 1310 M€, génère un taux d’EBIT d’environ 15,6%. Bien sur ces chiffres-là, notre Direction ne souhaite pas les commenter devant les salariés, ni même dans son communiqué interne.

Nous voyons bien au travers de ces résultats que la santé financière de SAFRAN HE demeure excellente. TURBOMECA n’a jamais créé autant de richesses, ni remonté autant de dividendes au Groupe.

Le prix de cette équation qui vise à maintenir la progression des résultats, est :

             Baisse des effectifs à hauteur de 250 personnes

             Environ 50 postes supprimés à la DT/ an.

             Baisse des budgets « formation professionnelle».

             Baisse des investissements en R&D.

             Une augmentation non négligeable des arrêts maladie et des cas de RPS…

             Des plans de retraits amiante à l’économie

             Multiples réorganisations dans les services.

Aujourd’hui et pour faire suite à la stratégie imaginée ces dernières années, la Direction souhaite à nouveau augmenter la profitabilité en activant tous les leviers que nous avons analysé et commentés lors du rendu d’avis sur la stratégie de l’entreprise :

Il y a une volonté d’évaluer la compétitivité des sphères externes et Low Cost (gains souhaités de compétitivité de 17% entre 2017 et 2021).

Le projet des lignes du futur est l’une des réponses à cette volonté de dégager des gains supplémentaires dans un contexte de niveaux d’activités stables.

Les objectifs visés sont une baisse de 20% minimum du coût de Production, un plafonnement à 5€/h des coûts de non qualité (contre 12€/h actuellement), et un plafonnement à 60 jours des cycles de production. Ces objectifs sont très ambitieux mais à quels prix ?

Nous constatons que la performance et la compétitivité sont des objectifs assez bien détaillés dans les projets ligne du futur. Mais la performance industrielle est une résultante qui associe « Technologie » et « Humain ». Des investissements ne peuvent être uniquement dédiés aux nouvelles technologies sans qu’ils ne soient aussi dédiés aux facteurs Humains.

Sur ces facteurs Humains, nous n’avons pas autant de perspectives et de détails.

Quels sont les changements et effets sur la façon de travailler ? Sur les métiers et les compétences ? Sur les systèmes de management et de pilotage ?

Quelles peuvent être les répercussions sur les conditions de travail et la santé au travail ?

Comment anticiper ces effets ? Quels sont les enjeux pour la prévention des risques professionnels et pour la GPEC ?

Pour la CGT, il n’est pas question de remettre en cause le virage technologique entrepris, qui est inéluctable. L’histoire nous démontre que nous n’arrêtons pas les évolutions technologiques sans en subir lourdement les conséquences. Mais pour la CGT, nous mesurons, une nouvelle fois, la volonté d’une Direction d’avancer pour aller chercher des gains, sans mesurer suffisamment l’impact du changement.

Le rapport d’expertise du CCE est sans équivoque, notre Direction doit travailler à mieux accompagner les changements dus à l’évolution de nos métiers.

Dans l’immédiat, pour 2018, nous l’avons dit auparavant, nous initions une remontée de nos activités avec un mix moteur plus favorable, l’augmentation de cadence de l’ARRIUS 2R, le démarrage de l’ARRANO et également celui de l’ANETO. De grands challenges à relever, qui nécessiteront l’adhésion de tous.

La CGT alerte la Direction sur le fait qu’il va falloir mener beaucoup de chantier dans les mêmes laps de temps :

-        La mise en place des lignes du futur

-        Les nouvelles organisations de travail complexes, qui nécessiteront une augmentation substantielle des temps et des moyens de formation.

-        La finalisation du transfert CAP2020 et les montées en compétences sur certains changements de métiers

Dans ce contexte avec des enjeux essentiels, en réponse aux différentes problématiques d’organisations du travail, notre Direction n’aurait rien trouvé de plus important que de négocier un accord « compétences et performances » ciblant essentiellement le temps de travail. Elle propose :

-        Pour les non Cadres, bloquer/anticiper/repousser les Modulations du Service (MS)

-        Pour les CADRES, bloquer/anticiper/repousser les Jours de réduction du temps de travail (JRTT)

-        Pour les cadres, bloquer de manière collective des JRTT sur un service en particulier

-        Modifier à sa convenance les forfaits jours

-        Recourir au travail du samedi- dimanche, dans un délai d’1 mois à une équipe de suppléance face à un « aléa de production » sans possibilité de négocier un cadre particulier ou des renforts capacitaire comme dans les accords SD précédent.

Toutes ces mesures visent à contraindre les salariés, à les rendre plus disponible, sans contreparties.

Les 3 Organisations syndicales représentatives en instances clament depuis des mois pour ne pas dire des années, qu’il faut chercher des gains de Performances en travaillant sur la qualité de vie au travail. En faisant en sorte que les salariés s’épanouissent à leurs postes de travail.  

Croyons-nous sérieusement que c’est en imposant des efforts supplémentaires, que les salariés de cette entreprise vont s’éclater à leur poste de travail et dégager les gains de performances supplémentaires ? N’y a-t-il pas une lassitude qui s’installe que de continuellement prétendre que tout va mal et qu’il faut faire des efforts quand finalement la performance de l’entreprise est déjà si bonne ?

LA DYNAMIQUE D’ENTRAINEMENT NECESSAIRE A L’IMPLICATION DE TOUS NE PEUT ETRE OBTENUE CONTINUELLEMENT QU’AU PRIX D’EFFORTS ET DE SACRIFICES DES SALARIES !

Les acteurs qui composent la Direction générale et la Direction des ressources humaines ne semblent toujours pas convaincus ou plutôt ne savent pas comment s’y prendre. La CGT profite donc de cette prise de parole qui sera communiqué à Mr EVEN et son Comex pour réitérer notre demande :

Il n’y a pas nécessité de flexibiliser nos accords sur les modulations et les JRTT mais la CGT est prête à négocier un accord qui traiterait de l’organisation du travail et de la qualité de vie au travail comme axes principaux d’amélioration de la Performance.

Le Président de Safran HE doit obtenir des gains de performance, c’est l’objectif demandé par le groupe ? Nous lui répondons clairement que la CGT saura s’engager dans ces objectifs si l’axe QVT et l’organisation du travail sont les leviers d’amélioration de la Performance.

Les 3 Organisations syndicales représentatives, appelées à négocier ce projet d’accord, se sont rencontrées à Bordes, jeudi dernier, sur le sujet :

Nous sommes arrivés à un constat commun : « Nous ne sommes pas convaincu par le projet de la Direction ». Nous avons pris l’engagement de nous rencontrer aussi souvent qu’il le faudra dans les semaines à venir. Nous travaillons à une déclaration commune.

Pour la CGT, comme nous le faisons à chaque fois que nous abordons des sujets majeurs aussi importants que celui-là, nous allons mettre en œuvre plusieurs actions telles que :

-        Organiser une ou des assemblées générales de nos syndiqués.

-        Il est envisagé d’organiser prochainement un ou des cafés débat sur les thèmes du temps de travail et de l’organisation du travail

-        Nous continuerons à vous communiquer comme nous le faisons depuis fin Novembre l’état d’avancement des échanges lors des réunions de négociations.

-        Nous proposerons des actions qui viseront à construire le rapport de force nécessaire pour que la Direction réoriente son projet.

Concernant le planning, il est maintenant connu depuis la semaine dernière. Constatant une opposition commune des syndicats, la Direction a annoncé, qu’elle n’avait plus l’objectif de finaliser l’accord Compétences Performances avant les NAO.

Si elle a annoncé qu’il y aurait bien deux accords, l’un sur les NAO qui traiterait d’un programme salarial, donc sur les salaires et l’autre sur Compétences Performances qui traiterait temps de travail et emploi, elle a cependant annoncé qu’en Février les réunions à Bordes traiteraient les deux sujets lors des mêmes réunions.

Les dates sont connues. Si ce 23 Janvier, nous savions déjà que nous étions convoqués à une réunion sur Compétences Performances et ce 24 Janvier sur le bilan NAO 2017, les dates du mois de Février sont également annoncées :

-        Le 31 Janvier à 9h30 réunion NAO/Compétences Performances

-        Le 6 Février à 9h30 réunion NAO/Compétences Performances

-        Le 14 Février à 9h30 réunion NAO/Compétences Performances

-        Le 28 Février à 9h30 réunion NAO/Compétences Performances

La Direction annonce donc vouloir finaliser les deux accords DANS la 1ere quinzaine du mois de Mars.

Vous l’aurez compris, la présentation du contexte sociale de ce début d’année 2018 est particulièrement tendue.

Cependant bien que la Direction ait organisé 6 rencontres avant Noel sur le sujet, 2 par OS, elle n’avait pas assez mesuré avant les fêtes de fin d’année, l’opposition à son projet.

N’arrivant pas à nous prendre de vitesse, la Direction a donc changé de stratégie mais elle n’a pas abandonné son projet.

Il est important que chaque salarié s’empare de ces sujets, sur le temps de travail, sur l’organisation du travail, que nous en débâtions collectivement.

Les choix qui vont être fait dans ce projet d’accord s’appliqueront à tous. Il est urgent que les salariés pèsent dans les décisions qui vont être prises et qui vont modifier les règles communes.

Nous, salariés de TURBOMECA, nous avons notre mot à dire !

Merci de votre attention…
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