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samedi 27 juillet 2013

Natixis Front syndical contre les mobilités forcées


A l’occasion de négociations visant la signature d’un accord de "sécurisation de l’emploi" avec la direction, les organisations syndicales de la banque d’investissement ont refusé toute mesure de "mobilité collective forcée" au sein de l’établissement. Les syndicats CGT, SNB, CFDT, UNSA, CFTC ont fait front contre les mesures qui allaient à l’encontre de la convention collective des banques. Ces mobilités, en cas de refus du salarié, auraient pu conduire à des licenciements individuels pour motif économique.
Pour la CGT, l’échec de la direction à imposer un mauvais accord est incontestablement un succès car le syndicat avait choisi de briser le silence que la banque voulait imposer aux négociateurs. La CGT a rompu la confidentialité et invité les salariés à se prononcer par une pétition.

Sur le fond de cette négociation : alors que la convention collective des banques précise les conditions de la mobilité, Natixis entendait instaurer la mobilité contrainte sous peine de licenciement.
 La loi découlant de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 (refusé par la CGT et FO) prévoit en effet qu’un accord de mobilité interne suspend les clauses du contrat de travail individuel. Mais, selon la CGT de Natixis, la direction voulait aller plus loin en distinguant "la mobilité interne individuelle et la mobilité interne collective. En pratiquant ainsi, elle oublie l’existence d’une convention collective qui cadre la pratique sur la mobilité."

La CGT craint ainsi que des centaines de salariés puissent être contraints à la mobilité sous peine de licenciement individuel. Sans doute peu sûre des réactions et de ses innovations juridiques, la direction de Natixis avait estampillé les 67 pages de son projet de la mention " projet – strictement confidentiel – ne pas diffuser"" C’est une méthode inacceptable ", avait protesté la CGT dans un communiqué exigeant le respect de la convention collective signée en 2000. Elle avait aussi appelé " l’ensemble des organisations syndicales de la profession à s’exprimer et à agir dans le même sens, y compris sur le terrain juridique si nécessaire pour le droit des salariés à discuter de la défense de leur contrat de travail, pour rejeter toute régression mettant en cause les conditions d’emploi et le contrat de travail individuel et collectif."

Source : par Frédéric Dayan 

mardi 2 juillet 2013

L’indice des prix ne reflète pas la réalité

Dans le cadre des négociations salariales dans les entreprises et les branches comme dans le secteur public, comme pour ce qui concerne l’évolution des pensions ou des minima sociaux, la référence, la norme pour ne pas dire l’étalon de mesure est l’indice des prix à la consommation de l’Insee. Or cet indice des prix à la consommation ne reflète pas l’augmentation du coût de la vie, tel que les salariés les retraités le perçoivent. C’est ce que démontre cette vidéo réalisée par la fédération CGT des Finances en coopération avec la CGT de la Métallurgie et le syndicat CGT de l’Institut national de la statistique économique (Insee).


Les revendications pour améliorer le niveau de vie des salariés, des retraités et des privés d’emploi se voient notamment opposer un indice des prix de l’Insee, qui est utilisé comme instrument d’indexation. Des augmentations des salaires, pensions et autres ressources qui seraient égales ou supérieures à l’évolution de cet indice, assureraient un maintien voire une progression du pouvoir d’achat et du niveau de vie. Or, ce n’est pas le cas.

Structuration de l’indice des prix à la consommation

L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. C’est une mesure synthétique de l’évolution de prix des produits, à qualité constante. Il est structuré selon la répartition ci-contre. Ainsi, pour calculer l’indice des prix, l’Insee considère qu’en moyenne les dépenses des transports correspondent à 16% des dépenses des ménages, celle des loisirs 8.5%.

L’indice des prix à la consommation ne doit pas être utilisé pour indexer les salaires

Parmi les indices de prix publiés par l’Insee, celui qui est utilisé pour l’indexation est l’Indice des prix à la consommation des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors tabac, base 100 en 1998, qu’on appellera par la suite IPC.
L’ IPC n’est pas un indice du coût de la vie.
L’Insee, qui le reconnaît officiellement, ne devrait, en principe, pas cautionner l’utilisation de cet indice pour indexer les salaires et les pensions.
La contestation de l’IPC, très large dans le pays, repose sur un décalage entre l’inflation mesurée qui serait d’environ 2 % l’an actuellement selon l’IPC et l’inflation perçue, ou « ressentie » par les gens. Celle-ci est parfois estimée à environ 5 %, voire 6% par an.
En tout cas, il est abusif de la part du patronat et du gouvernement de se réclamer de l’IPC pour imposer une stagnation des salaires et, en réalité, une baisse du niveau de vie des salariés.

Lire l’indice des prix à la consommation

Il est possible, pour les salariés, d’utiliser les relevés de prix effectués par les 1 200 enquêteurs et enquêtrices de l’Insee qui servent à construire l’indice, enquêtrices dont la qualité du travail n’est pas en cause. En effet, quand on dit par exemple que « les prix » ont augmenté en septembre 2012 de 1,9% depuis un an et de 25 % depuis l’année 1998, cela ne signifie pas que tous les prix ont augmenté au même rythme. Il s’agit d’une moyenne, et plus précisément d’une moyenne pondérée.
En effet, depuis 14 ans, certains prix ont augmenté beaucoup plus vite. Par exemple, le prix des combustibles liquides a crû de 239%, soit plus qu’un triplement !
A l’inverse, selon les calculs faits pour construire l’IPC, les micro- ordinateurs sont censés avoir baissé de 90%. En fait, leurs prix n’ont pas baissé tant que ça mais ce chiffre est censé refléter l’amélioration de leur qualité ; c’est contestable car les ordinateurs d’aujourd’hui sont, certes plus puissants, mais certainement moins durables que ceux de 1998 ! Mais cette façon de mesurer la qualité tire l’IPC vers le bas et contribue donc à sous-estimer la hausse du coût de la vie.
Ces chiffres qui sont publics montrent que des « consommations populaires » comme le logement, l’alimentation ou l’énergie sont victimes de fortes hausses des prix, soit récemment (depuis 12 mois) soit sur longue période (par exemple depuis 1998, année de base de l’indice).

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